Les fougères que les scientifiques appellent ptéridophytes, sont des végétaux chlorophylliens, cryptogames et vasculaires : « Chlorophyllien », car ce sont des plantes vertes, capables de produire leur propre matière à partir de la lumière et du dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère. « Cryptogames » (du grec cryptos = caché et gamo = fécondation) signifie qu’elles sont des plantes sans fleur et sans graine. Elles se reproduisent grâce à des spores. « Vasculaires » parce qu'elles ont un appareil conducteur qui permet la circulation des sèves. Les vaisseaux de xylème assurent la circulation de la sève brute, constituée d’eau puisée dans le substrat et de sels minéraux. Cette solution circule des racines vers les parties aériennes de la plante. Les tubes criblés du phloème permettent la circulation de la sève élaborée composée d’eau et d’assimilats provenant de la photosynthèse. Elle circule des frondes vers les autres parties de la plante. Ces tissus conducteurs présentent une anatomie très simple et archaïque comparée à celle existant chez les plantes à fleurs. Si les éléments du xylème sont bien différenciés chez les phanérogames en vaisseaux et en fibres, chez les ptéridophytes, nous observons des cellules fusiformes ayant à la fois un rôle de conducteur et de soutien.
L'acquisition de l'appareil conducteur a permis aux fougères de s'affranchir du milieu aquatique sauf pour la reproduction, où la fécondation (rencontre et la fusion des gamètes) nécessite toujours une lame mince d’eau. Ces végétaux sont apparus il y a plus de 400 millions d'années, au cours de l'Ere Primaire. C’est au Silurien qu’apparaissent les premiers représentants des Psilophytes. Les Ptéridophytes connaîtront leur apogée durant le Carbonifère avec des fougères arborescentes de plus de 30 mètres et seront à l'origine des principaux gisements de charbon et de houille. Si de nombreuses espèces ont disparu, plus de 15000 espèces existent encore aujourd’hui à travers le monde. Le super embranchement des ptéridophytes est divisé en quatre embranchements présentés dans le tableau 1. Tableau 1 : Classification des familles présentes à la Réunion. Embranchements | Classes | Ordres | Familles | Psilophytes | Psilotopsida | Psilotales | Psilotacées | Lycophytes | Lycopodiopsida | Lycopodiales | Lycopodiacées | Sellaginellopsida | Sélaginales | Sélaginellacées | Isoetopsida | Isoetales | Isoetacées | Sphénophytes | Equisetopsida | Equisétales | Equisetacées | Filicophytes | Polypodiopsida | Ophioglossales | Ophioglossacées | Maratiales | Marattiacées | Osmondales | Osmondacées | Hymenophyllales | Hymenophyllacées | Gleicheniales | Gleicheniacées | Schizaeales | Schizaeacées | Cyatheales | Cyatheacées | Dicksoniales | Dennstaetiacées, Lindsaeacées | Pteridales | Adiantacées, Parkeriacées, Pteridacées, Vittariacées | Blechnales | Athyriacées, Aspleniacées, Blechnacées, Dryopteridacées, Lomariopsidacées, Thelypteridacées, | Davalliales | Davalliacées, Oleandracées | Polypodiales | Grammitidacées, Polypodiacées, | Salviniales | Salviniacées |
Les Filicophytes correspondent aux vraies fougères et les trois autres embranchements plus archaïques peuvent être regroupés pour former « les plantes alliées des fougères ». La répartition mondiale des fougères tient compte de leur inféodation au milieu aquatique pour la reproduction. Ainsi, dans les zones tempérées, les fougères sont très souvent cantonnées aux endroits humides et ombragés, et les espèces rencontrées sont exclusivement des herbacées terrestres. Dans le monde tropical, où le taux d'humidité n'est pas un facteur limitant, les fougères peuvent représenter jusqu'à 1/20 du nombre total d'espèces. Nous pouvons alors observer des fougères herbacées terrestres et épiphytes, certaines lianescentes et d’autres arborescentes. Si la grande majorité des ptéridophytes sont des plantes herbacées terrestres ou épiphytes, une minorité est retournée au milieu aquatique, c’est le cas des espèces de la famille des Salviniacées. Yannis Robert 2007. |